C’est
un ancien Premier ministre apparemment serein qui s’est présenté devant
la presse en fin de semaine pour évoquer l’affaire Roches-Noires au
coeur de laquelle il se retrouve. Pour Navin Ramgoolam, le fait de
vouloir l’incrimer là-dedans fait partie d’un «plan machiavélique»
visant à le «détruire» et à «décapiter» le PTr.
«Je
suis un battant et je ne recule devant rien.» C’est le message de Navin
Ramgoolam à ceux qu’il accuse d’être derrière un «plan politique
machiavélique», qui a pour objectif de discréditer sa personne. Mais pas
seulement. Car l’ancien Premier ministre soutient que la nouvelle
enquête initiée par la police sur le cambriolage dans son campement à
Roches-Noires, dans la nuit du 2 au 3 juillet 2011, vise également à
«décapiter» le PTr. Il s’est exprimé lors d’un point de presse le jeudi
15 janvier au Square Guy Rozemont, à Port-Louis. «Monn pare pou zot»,
a-t-il lancé d’emblée. «La nouvelle enquête est remplie de faussetés et
de manipulations. Mais je suis prêt à affronter tout cela et je ne
reculerai devant rien.»
L’ex-chef du gouvernement s’est aussi
interrogé sur le traitement réservé à l’ex-directeur général du National
Security Service (NSS), Dev Jokhoo, et au DCP Rampersad Sooroojbally,
l’ex-patron de la cellule antiterroriste qui avait également la charge
de la VIPSU, le CCID et l’ADSU, et celui reçu par Rakesh Gooljaury, son
ancien bon ami, sans pour autant citer son nom. «Comment se fait-il que
les deux hauts gradés ont été placés en détention le jour même de leur
arrestation ? Alors que l’autre a eu un traitement de gant de velours
après avoir consigné sa déposition et avancé que sa première déposition
dans cette affaire était fausse. Il a été interrogé un dimanche dans le
plus grand secret, sans que les journalistes ne soient au courant.
Ensuite, il est rentré chez lui sans payer de caution.»
Et pour prouver qu’il n’y avait aucun
lien entre lui et le décès d’Anand Kumar Ramdhony, arrêté pour le vol
d’une montre en juillet 2011 et mort en cellule, Navin Ramgoolam a
déclaré qu’il est toujours en possession de sa Rolex, un cadeau qu’il
s’était offert après avoir réussi à ses examens du barreau en 1993.
En tout cas, l’affaire Roches-Noires
semble partie pour continuer à faire parler d’elle encore un moment,
avec des développements de taille prévus dont la prochaine convocation
de Navin Ramgoolam aux Casernes centrales pour s’expliquer sur cette
affaire. Le principal concerné, lui, se dit prêt à tout affronter.
L’ex-Constituency Clerk de Navin Ramgoolam s’explique
Il a, par ailleurs, avancé qu’à son
réveil, le 3 juillet, il a vu plusieurs appels émanant du campement de
Navin Ramgoolam et qu’il a appelé Rakesh Gooljaury, l’ami de Navin
Ramgoolam, qui lui a demandé de se rendre sur place tout de suite. Dass
Chetty, qui a retenu les services de Me Shakeel Mohamed, a expliqué aux
enquêteurs que c’est aux alentours de 6h30 qu’il est arrivé à
Roches-Noires où il serait tombé nez à nez avec Dev Jokhoo et Rampersad
Sooroojbally. Outre Dass Chetty, une proche de Nandanee Soornack,
présente à la fête, a été interrogée aux Casernes centrales hier.
Des VVIP présents au festin de Roches-Noires
Tout porte à croire que Navin Ramgoolam
avait convié un gratin de Very Very Important Persons (VVIP) à la soirée
qui s’était déroulée dans son campement de Roches-Noires dans la nuit
du 2 au 3 juillet 2011. Du moins, c’est ce qu’a déclaré Rakesh Gooljaury
aux enquêteurs, lors de son interrogatoire.
Et c’est le nom de la femme d’affaires
Nandanee Soornack qui est le plus cité. Elle est identifiée comme étant
la femme aux longs cheveux qui accompagnait Navin Ramgoolam ce soir-là.
La fille de celle-ci ainsi que son gendre auraient également été
présents de même que la gérante d’un des magasins de Nandanee Soornack.
La fille d’un ancien directeur d’une compagnie d’État et le directeur
d’un office du tourisme basé à l’étranger ainsi que Dass Chetty, ancien
Constituency Clerk de Navin Ramgoolam, auraient également participé à la
fête privée de Navin Ramgoolam.
La liste des invités – ils auraient été
une vingtaine – est en passe d’être complétée par les enquêteurs. Les
limiers ont relevé une liste de plaques d’immatriculation des voitures
appartenant aux personnalités présentes à cette réception et une demande
a été faite auprès de la National Transport Authority pour retracer les
propriétaires.
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